BE INFORMED

Les brasseurs belges reçoivent de plus en plus de questions concernant la consommation d’alcool et son impact potentiel sur la santé. Parce que la consommation responsable d’alcool est un principe fondamental dans notre secteur, la fédération sectorielle Brasseurs Belges souhaite offrir des réponses claires et équilibrées à certaines des questions les plus fréquemment posées aujourd’hui.

Les informations présentées sur cette page sont basées sur des connaissances scientifiques existantes, que nous essayons de traduire de manière objective pour le grand public. Nous ne prétendons pas détenir la vérité absolue, mais nous estimons essentiel que les consommateurs soient informés de manière correcte et nuancée. Ainsi, ils peuvent faire des choix éclairés, responsables et conscients en matière de consommation d’alcool.

Aujourd’hui, on lit souvent dans les médias que l’alcool est nocif dès le premier verre consommé, un concept également appelé « no safe level », auquel l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) fait régulièrement référence. Il est vrai que certaines études scientifiques indiquent que les risques pour la santé ne peuvent pas être totalement exclus, même à partir d’un seul verre d’alcool. D’autres recherches montrent cependant qu’un verre pourrait avoir un effet protecteur. Dans ce type d’études observationnelles, la science travaille avec des probabilités plutôt qu’avec des certitudes absolues. On peut par exemple démontrer qu’un risque est très faible ou négligeable, mais jamais totalement nul. Appliqué à l’alcool, cela signifie donc qu’un seul verre n’est pas automatiquement nocif ou néfaste pour la santé, mais que l’on ne peut pas exclure tout risque. Il en va de même pour la consommation de sucre ou de viande rouge, l’exposition aux rayons UV du soleil, aux ondes des téléphones portables ou aux particules fines dans l’air – autant d’exemples que l’OMS identifie aussi comme facteurs de risque potentiels pour la santé.

De plus, l’impact potentiel de l’alcool varie fortement d’une personne à l’autre. Des facteurs comme l’âge, le sexe, l’hérédité, l’état de santé général et le mode de vie jouent un rôle important. Pour certaines personnes, une consommation modérée d’alcool peut présenter peu ou pas de risques, tandis qu’elle peut en entraîner davantage pour d’autres. Ainsi, l’effet d’un verre d’alcool ne sera pas le même pour une personne sportive que pour un fumeur ou quelqu’un en surpoids. Cela rend les études observationnelles particulièrement complexes : comment isoler les éventuels problèmes de santé liés à l’alcool d’autres facteurs de risque?

Par ailleurs, différentes études mettent en perspective l’impact sur la santé d’une consommation modérée d’alcool (p.ex. un verre par jour ou quelques verres par semaine). Une étude de synthèse récente de l’Institut canadien de recherche sur l’usage de substances (Canadian Institute for Substance Use Research) montre par exemple qu’une personne qui consomme deux verres d’alcool par jour présente un risque de mortalité comparable à celui d’un abstinent de longue date.

Un exemple concret, également cité par des experts scientifiques en Belgique, se trouve dans les fameuses « Zones bleues ». Ce sont cinq régions du monde où les habitants vivent notablement plus longtemps et en meilleure santé que la moyenne. Ces zones – comme Okinawa (Japon), la Sardaigne (Italie) ou Ikaria (Grèce) – partagent des habitudes de vie communes, telles que l’activité physique naturelle, des liens sociaux forts, la gestion du stress et un sentiment de sens à la vie. La modération est un fil conducteur, tant dans l’alimentation que dans les autres aspects du quotidien. L’alcool y est parfois présent, mais toujours consommé avec modération. Il ne s’agit pas d’un facteur déterminant pour une longue vie, mais il ne semble pas non plus être un obstacle, tant qu’il s’inscrit dans un mode de vie équilibré et réfléchi.

En résumé, boire de temps en temps une pils ou une bière spéciale ne présente pas de risque direct pour la santé chez la plupart des gens, tant que cela reste dans des quantités modérées (p.ex. un verre par jour ou quelques verres par semaine). En revanche, une consommation excessive et prolongée d’alcool est bel et bien nocive. Cela a été démontré de manière claire par la science.

Dans tous les cas, il est essentiel d’adopter une attitude consciente et responsable face à l’alcool. La modération reste le mot-clé. Il est donc conseillé de suivre les recommandations du Conseil Supérieur de la Santé, qui préconisent un maximum de 10 consommations par semaine.

Sources:

  • National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine (NASEM). (2025).
    Review of Evidence on Alcohol and Health.
    Disponible via: https://nap.nationalacademies.org/read/28582
  • Krittanawong, C., Wang, Z., Aydar, M., Narasimhan, B., Wang, J., Hahn, J., … & Tang, W. H. W. (2022).
    Alcohol consumption and cardiovascular health. The American Journal of Medicine, 135(10), 1213–1230.e3.
    Disponible via: https://doi.org/10.1016/j.amjmed.2022.04.021
  • World Health Organization (WHO). (2023).
    No safe level of alcohol consumption
    https://www.who.int/news/item/04-01-2023-no-level-of-alcohol-consumption-is-safe-for-our-health
  • Conseil Supérieur de la Santé (Belgique). (2018).
    Avis n° 9284 – Directives sur la consommation d’alcool en Belgique.
    Disponible via: https://www.health.belgium.be
  • Stockwell, T., Zhao, J., Clay, J., Levesque, C., Sanger, N., Sherk, A., & Naimi, T. (2024, July).
    Why do only some cohort studies find health benefits from low-volume alcohol use? A systematic review and meta-analysis of study characteristics that may bias mortality risk estimates. Journal of Studies on Alcohol and Drugs, 85(4). https://doi.org/10.15288/jsad.23-00283
  • Van Mieghem, C. (2025, maart 15). Zo blijft cardioloog Carlos Van Mieghem gezond: « Deze drank is goed voor je hart ». Gazet van Antwerpen. cite turn search
  • Buettner, D., & Skemp, S. (2016). Blue Zones: Lessons from the world’s longest lived. American Journal of Lifestyle Medicine, 10(5), 318–321. https://doi.org/10.1177/155982761663706
  • National Geographic – Blue Zones.
    https://www.bluezones.com

Différents types d’études aboutissent à des conclusions différentes, car elles examinent des méthodes, des populations et des résultats de santé variés. L’alcool n’est pas un sujet en noir et blanc : les risques – tout comme les éventuels bénéfices – dépendent fortement de la personne et du contexte. Il est donc logique que les connaissances scientifiques à ce sujet continuent à évoluer. Ainsi, certaines études tiennent compte du fait que les participants peuvent être ou avoir été fumeurs, tandis que d’autres ignorent ce facteur. De la même manière, la plupart des études utilisent encore l’indice de masse corporelle (IMC) pour estimer la masse grasse, ce qui peut donner une image biaisée.

En résumé, une consommation modérée d’alcool ne représente pas nécessairement un risque pour la santé de nombreuses personnes. La science évolue en permanence, et la nuance est essentielle. Ceux qui choisissent de consommer de l’alcool ont tout intérêt à le faire de manière consciente, avec modération, et dans le cadre d’un mode de vie sain.

Les recommandations les plus récentes en Belgique conseillent aux adultes de limiter leur consommation d’alcool à un maximum de 10 verres standards par semaine. Cette consommation devrait être répartie sur plusieurs jours, avec au moins quelques jours sans alcool par semaine.

Ces recommandations ont été établies par le Centre flamand d’expertise en matière d’alcool et de drogues (VAD) et le Conseil Supérieur de la Santé. Elles visent à sensibiliser le public aux risques potentiels liés à une consommation excessive d’alcool et à limiter les usages nocifs.

Pour consommer de l’alcool de manière responsable, il est essentiel de bien comprendre ce que l’on entend par « verre standard ». Un verre standard, également appelé une unité d’alcool, contient en moyenne 10 grammes d’alcool pur (éthanol). C’est environ la quantité que le corps d’un adulte moyen peut métaboliser en une à une heure et demie.

Le tableau ci-dessous indique à combien de millilitres d’une boisson donnée correspond un verre standard :

Type de boisson Quantité Teneur en d’alcool (moyenne) = 1 verre standard
Bière (pils) 250 ml (bouteille) 5% – 6%
Vin 100 ml (verre) 12%
Spiritueux 35 ml (shot) 35% – 40%

Il est important de préciser que les bières spéciales, comme les triples ou les IPA, ont souvent un taux d’alcool plus élevé et un volume plus important (généralement 330 millilitres). Cela signifie qu’une seule bouteille peut représenter plus d’un verre standard. Il en va de même pour les cocktails, qui contiennent souvent plusieurs types d’alcool et peuvent équivaloir à deux verres standards ou plus, selon la recette.

En ce qui concerne l’impact sur la santé, c’est la quantité d’alcool consommée qui est le facteur déterminant, et non le type de boisson. Autrement dit, un verre standard de bière, de vin ou de spiritueux contient environ la même quantité d’alcool et entraîne donc des effets similaires sur la santé.

Cela dit, certaines études scientifiques mentionnent de légères différences :

  • Le vin – en particulier le vin rouge – a longtemps été associé à un effet potentiellement protecteur pour la santé cardiovasculaire. Cela serait lié à la présence de polyphénols comme le resvératrol, des antioxydants naturellement présents dans la peau des raisins. Toutefois, des recherches récentes suggèrent que ces bienfaits ont probablement été surestimés et sont surtout liés à un mode de vie plus sain chez les consommateurs de vin.
  • La bière contient, en plus de l’alcool, des vitamines, des minéraux et des fibres. Cependant, les concentrations sont trop faibles pour avoir un réel impact sur la santé dans le cadre d’une consommation modérée. Certaines études antérieures évoquaient un lien possible entre la bière et un risque réduit de maladies cardiovasculaires, mais aucune preuve scientifique solide ne permet aujourd’hui de le confirmer.
  • Les spiritueux contiennent généralement une concentration plus élevée d’alcool par volume, ce qui augmente le risque de surconsommation si l’on ne tient pas compte de la taille des portions.

Sur le plan scientifique, les risques pour la santé sont similaires à quantité d’alcool égale, que l’on consomme de la bière, du vin ou des spiritueux.

Sources:

  • Stockwell, T., et al. (2016).
    Do “Moderate” Drinkers Have Reduced Mortality Risk? Journal of Studies on Alcohol and Drugs, 77(2), 185–198. https://doi.org/10.15288/jsad.2016.77.185
  • GBD 2016 Alcohol Collaborators (2018).
    The Lancet – cette étude a pris en compte tous les types d’alcool collectivement et affirme que le type de boisson ne fait pas de différence fondamentale en termes de risque pour la santé. https://doi.org/10.1016/S0140-6736(18)31310-2
  • Chiva-Blanch, G., & Badimon, L. (2020).
    Benefits and risks of moderate alcohol consumption on cardiovascular disease: Current findings and controversies. Nutrients, 12(4), 1081. https://doi.org/10.3390/nu12041081

En Belgique, une bière est considérée comme sans alcool lorsqu’elle contient un maximum de 0,5 % d’alcool en volume. Cette définition est conforme aux normes européennes et internationales, qui reconnaissent qu’une quantité infime d’alcool, issue par exemple de la fermentation naturelle, est souvent techniquement inévitable. De plus, les effets de telles quantités d’alcool sont négligeables pour l’organisme.

À titre de comparaison, un fruit mûr comme une banane, une pomme ou une orange peut également contenir des traces d’alcool dues à la fermentation naturelle, généralement entre 0,2% et 0,4%. Ces quantités sont si faibles qu’elles n’ont aucun effet perceptible sur le corps, tout comme la bière sans alcool.

Lorsque l’étiquette d’une bière indique « 0,0 % », cela signifie qu’elle ne contient absolument aucune trace d’alcool – c’est donc un produit totalement sans alcool.

La bière sans alcool est, dans de nombreux cas, considérée comme un choix plus sain que les boissons gazeuses. Elle contient généralement moins de sucre et moins (ou pas) d’additifs artificiels que la plupart des sodas. Alors que les sodas sont souvent composés d’eau sucrée avec des arômes et des acides, la bière sans alcool est généralement produite à partir d’ingrédients naturels comme l’eau, l’orge, le houblon et la levure. Elle est donc moins transformée. En outre, la bière sans alcool peut contenir de petites quantités de vitamines et d’antioxydants – comme les vitamines B et les polyphénols – que l’on ne retrouve généralement pas dans les sodas.

À titre d’exemple, selon le Centre pour l’alimentation (Voedingscentrum), une portion standard de bière sans alcool (340 ml) contient environ 10,9 grammes de sucre et 88 kilocalories. En comparaison, un verre de cola de 200 ml contient environ 21,2 grammes de sucre et 84 kilocalories. Cela signifie que, pour 100 ml, la bière sans alcool contient en moyenne moins de sucre et de calories qu’un soda classique.

À noter cependant : certaines bières sans alcool peuvent malgré tout contenir une quantité relativement élevée de sucre. Il est donc recommandé de consulter les informations nutritionnelles pour faire un choix éclairé.

Sources:

Toute initiative qui met en lumière une consommation d’alcool responsable et consciente est à saluer. En même temps, nous croyons davantage, sur le long terme, à une approche durable et modérée tout au long de l’année, plutôt qu’à un mois d’abstinence totale.

Faire une pause pendant un mois peut certainement constituer un moment utile de réflexion, mais ce sont les choix réguliers et réfléchis concernant la consommation d’alcool qui ont généralement un impact plus significatif sur la santé et le bien-être à long terme.

Les Brasseurs Belges s’engagent depuis de nombreuses années à promouvoir une consommation responsable d’alcool. En tant que secteur, nous assumons pleinement notre responsabilité sociétale et cherchons à contribuer de manière positive et constructive à la sensibilisation autour d’une consommation réfléchie. Cela passe par une combinaison de campagnes structurelles, d’autorégulation proactive et de développement de produits.

L’un des exemples les plus emblématiques est notre participation, depuis près de 30 ans, à la campagne BOB, menée en collaboration avec l’institut Vias et les autorités publiques. Bien ancrée dans la conscience collective, cette campagne transmet un message clair : celui qui conduit, ne boit pas. Nous avons également lancé notre propre campagne de sensibilisation, BE RESPONSIBLE, qui invite chacun à faire des choix réfléchis en matière de consommation d’alcool, en tenant compte du contexte, de la santé et du sens des responsabilités.

Notre engagement ne se limite pas à la sensibilisation. En tant que secteur, nous renforçons en permanence notre autorégulation en matière de publicité pour les boissons alcoolisées. En février 2024, nous avons modifié l’avertissement sanitaire présent dans la publicité en le remplaçant par : « L’abus d’alcool nuit à la santé », afin de renforcer et clarifier le message. En octobre 2024, nous avons pris des mesures supplémentaires pour mieux protéger les jeunes, notamment en limitant la communication sur les plateformes (réseaux sociaux) où ils sont très présents. La lisibilité et la visibilité de notre slogan ont également été améliorées.

Nous constatons par ailleurs une tendance claire en faveur des bières sans alcool ou à faible teneur en alcool. En tant que secteur, nous accompagnons activement cette évolution en investissant dans l’innovation et en développant des alternatives savoureuses sans alcool. Ces bières offrent aux consommateurs la possibilité de faire des choix conscients, sans compromis sur le goût ni sur l’expérience.

Notre objectif n’est pas d’interdire la consommation, mais de prévenir les abus. À travers des actions ciblées, une remise en question permanente et une collaboration étroite avec les autorités, les experts et les partenaires de la société civile, nous voulons contribuer à une culture dans laquelle l’alcool trouve sa place de manière responsable et équilibrée.